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Scandinavian Literature in Translation || Littérature scandinave en traduction

Wanda Heger : Tous les vendredis devant le portail

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Tous les vendredis devant le portail
Wanda Heger
Gaïa Éditions
ISBN 978-2-84720-135-2
8 juin 2009
38,50 $ au Canada

9782847201352

Dans les années cinquante, à Paris, un ancien déporté français est attablé à la terrasse d’un café et discute avec un camarade norvégien rencontré au camp de Sachsenhausen. Parmi les souvenirs chargés d’émotion qu’ils évoquent, celui de la grande jeune fille blonde qui venait tous les vendredis devant l’entrée du camp. Ils trouvent alors son adresse et lui envoient une carte sur laquelle est écrit en allemand : « Jeden Freitag vor dem Tor » (Tous les vendredis devant le portail).

Cette jeune femme s’appelle Wanda Heger et la carte qu’elle reçoit va lui offrir, sans qu’elle le sache encore, le titre de son livre.

Wanda, jeune femme de 19 ans, est révoltée par la guerre qui sévit autour d’elle. Contrainte avec sa famille de quitter la Norvège pour rejoindre son père en résidence surveillée en Allemagne, elle multiplie sans trève les actes de résistance dans ce pays étranger.

Avec son jeune frère, elle se présente au poste de garde du camp de Sachsenhausen, avec un bocal de pommes de terre en salade destiné à un détenu dont elle connaît tout juste le nom et le matricule. Par mégarde – et par bonheur ! – on la prend pour une représentante de la Croix-Rouge. Encouragée par cette réussite, elle réitère et bientôt c’est une véritable entreprise familiale qui ravitaille les prisonniers en provisions et médicaments. Faisant preuve d’un toupet qui frise l’inconscience, elle sillonne illégalement le pays jusqu’en Alsace pour entrer en contact avec de nombreux déportés norvégiens. En pleine débâcle nazie, elle rencontre aussi celui qui deviendra plus tard son mari.

Durant ces années tourmentées, la famille de Wanda transcrit et archive toutes les informations qu’elle recueille. Le fichier ainsi constitué aura une importance capitale pour les prisonniers norvégiens en Allemagne à la fin de la guerre. C’est alors le plus grand chaos dans les camps. L’ensemble des prisonniers risque l’extermination, car selon l’ordre nazi, tous doivent être liquidés en cas de capitulation. Famine, épidémies et froid menacent les hommes. Selon les fichiers nazis, 2000 prisonniers norvégiens se trouvent en Allemagne au printemps 1945. Le réseau de la famille de Wanda Heger en avait recensé 8000. Au risque de leur vie, ils arrivent à organiser le sauvetage in extremis de la plupart des survivants. Dans toutes sortes de véhicules, ils sillonnent une Allemagne ravagée par les bombardements, repérant et récupérant les prisonniers pour les acheminer vers les ports du nord de l’Allemagne.

Wanda Heger raconte avec une simplicité troublante et une grande honnêteté son combat. Son refus de l’injustice et sa volonté inébranlable lui permettent de soutenir sans ciller le regard d’un colosse qui se voulait infaillible et tout puissant. Un témoignage essentiel.

Written by Thomas

2009-06-13 at 18:45

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