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Scandinavian Literature in Translation || Littérature scandinave en traduction

Archive for September 2009

Torborg Nedreaas : Musique d’un puits bleu

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Musique d’un puits bleu
Torborg Nedreaas
Cambourakis, « Litteratur »
ISBN 978-2-916589-42-8
19 octobre 2009
36,95 $ au Canada

9782916589428

Publié en 1960, Musique d’un puits bleu évoque avec une sensibilité extrême le destin de la petite Herdis, une enfant de dix ou onze ans, dont la vie va être bouleversée par le divorce de ses parents. Bien d’autres éléments bousculent par ailleurs l’univers de cette petite fille qui grandit à Bergen : la première guerre mondiale éclate, appauvrit le peuple, et attise les rancoeurs sociales, si bien que les origines allemandes de la famille deviennent soudain problématiques.

Face à la complexité du monde des adultes, cruel et plein de faux semblants, Herdis trouve en elle des ressources protectrices : farouche et déterminée, elle tient tête à son père et sa mère, s’abandonnant secrètement à la douceur de ses rêves. Musique et poésie sont les clés d’un rapport magique à l’existence qui lui permet de résister à la violence extérieure.

Le traducteur, Régis Boyer, compare Nedreaas à la Colette du Blé en herbe  : précise, sensuelle, d’une grande puissance d’évocation, son écriture est délicieusement envoûtante. Le personnage de Herdis apparaît dans trois autres des livres de Nedreaas, dont deux recueils de nouvelles. Les chapitres de Musique d’un puits bleu ont d’ailleurs tous leur force propre, et pourraient souvent fonctionner comme des nouvelles indépendantes. L’ensemble constitue un roman à la temporalité singulière, qui épouse le rythme intérieur de la petite Herdis, héroïne attachante et inoubliable.

Après Musique d’un puits bleu, les éditions Cambourakis poursuivront la publication des romans et nouvelles de Nedreaas.

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Written by Thomas

2009-09-20 at 22:31

Camilla Läckberg: The Preacher (‘B’ format UK paperback)

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Forthcoming in ‘B’ format UK paperback:

The Preacher
Camilla Läckberg
HarperCollins
ISBN 978-0-00-725394-4
15 April 2010
$17.95 in Canada

See also: previous ‘C’ format UK hardback and paperback editions
En français : Le prédicateur

9780007253944

In the fishing community of Fjallbacka‚ life is remote‚ peaceful − and for some‚ tragically short.

Foul play was always suspected in the disappearance twenty years ago of two young holidaymakers in the area. Now a young boy out playing has confirmed this grim truth. Their remains‚ discovered with those of a fresh victim‚ send the town into shock.

Local detective Patrik Hedstrom‚ expecting a baby with his girlfriend Erica‚ can only imagine what it is like to lose a child. When a second young girl goes missing‚ Hedstrom′s attention focuses on the Hults‚ a feuding clan of misfits‚ relgious fanatics and criminals. The suspect list is long but time is short − which of this family′s dark secrets will provide the vital clue?

Written by Thomas

2009-09-20 at 22:04

Sara Stridsberg : La faculté des rêves

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La faculté des rêves
Sara Stridsberg
Stock, « La cosmopolite »
ISBN 978-2-234-06114-9
18 septembre 2009
39,95 $ au Canada

9782234061149

Lauréat du Grand Prix de littérature du Conseil nordique 2007

L’écrivain Sara Stridsberg rouvre le dossier de Valerie Solanas, cette féministe radicale qui a tenté d’assassiner Andy Warhol en 1968, juste après avoir écrit le SCUM manifesto, un texte dans lequel elle prône la destruction du genre masculin.

Dès le début du roman, on entend la voix déterminée de Solanas et on plonge avec elle dans son passé. Sous la forme de souvenirs obsédants apparaissent des conversations avec quelques personnages clés : sa mère, ambiguë et destructrice, le directeur de l’université de psychologie à laquelle elle est admise, Andy Warhol lui-même et son désir obstiné de faire d’elle une matière pour son art, ou encore la psychiatre chargée de son cas après la tentative d’assassinat. Et surtout l’amour fou pour Cosmogirl.

Dans une langue tour à tour poétique et familière, provocante et rassurante, drôle et tragique, Sara Stridsberg accomplit la prouesse de nous plonger dans les méandres de cet esprit tourmenté qui nous poursuivra longtemps après la lecture. Et l’on se surprend à souhaiter tout au long du roman pouvoir arrêter la machine implacable du destin…

Written by Thomas

2009-09-20 at 21:33

Trésor de la nouvelle : la littérature scandinave

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Trésor de la nouvelle : la littérature scandinave
2 volumes sous coffret
Belles Lettres
ISBN 978-2-251-44375-1
11 janvier 2010
45,95 $ au Canada

Édition dirigée et préfacée par Régis Boyer. Choix, traductions et notices de Marc Auchet et Régis Boyer.

9782251443751

Les lettres scandinaves ont commencé à partir du XIIe siècle, en Islande, par les sagas qui étaient des récits en prose, plus ou moins brefs, rédigés en un style factuel inimitable et centrés sur les grandes valeurs humaines. Depuis, la tradition s’est perpétuée. Même si ces littératures comptent des dramaturges (Ibsen), des poètes (G. Ekelöf) et des philosophes (S. Kierkegaard) de premier ordre, reconnus depuis peu en France, elles sont toujours restées fidèles à la forme courte, ramassée, lapidaire qui correspond à un certain tempérament scandinave. C’est pourquoi il a paru pertinent de proposer ici un choix de ces nouvelles danoises, islandaises, norvégiennes et suédoises qui demeurent, à ce jour, le fleuron de ces lettres. Il n’est pas de grand écrivain qui ne s’y soit essayé, le plus souvent avec un rare bonheur comme Gunnar Gunnarsson qui narre avec une touchante délicatesse la résolution d’un petit garçon de douze ans bien décidé à prolonger l’exemple de son père décédé, ou Jon Oskar dont la douceur d’un regard de jeune fille suffit à assurer le triomphe indispensable sur les malheurs de notre condition. Ce sont des sensibilités délicates, qui répugnent à s’exprimer ouvertement, où l’essentiel est dans le non-dit et dont, en conséquence, les effusions retenues exigent toujours une double lecture.

Autant dire que tout ce que les lettres scandinaves comptent d’écrivains éminents, à de très rares exceptions près, est représenté dans ce livre.

Written by Thomas

2009-09-20 at 21:18

Jens Christian Grøndahl : Les mains rouges

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Les mains rouges
Jens Christian Grøndahl
Gallimard, « Du monde entier »
ISBN 978-2-07-078205-5
22 septembre 2009
27,95 $ au Canada

9782070782055

Nous sommes en 1977. Un jeune homme, occupant un job d’étudiant à la Gare Centrale de Copenhague, croise le chemin d’une jeune femme de retour d’Allemagne. Il accepte de l’héberger quelques jours, avant de découvrir qu’elle lui a donné un faux nom – elle s’appelle Sonja, et non pas Randi. Puis, après sa disparition, il trouve un sac plastique rempli de billets de banque.

Quinze ans plus tard, il revoit Sonja dans la rue, la suit, puis prend contact avec elle. Sonja accepte alors de lui raconter son histoire : issue d’un milieu modeste, elle part travailler comme jeune fille au pair à Francfort, en Allemagne. Elle y rencontre Thorwald, qui la fascine et l’introduit dans un groupuscule d’extrême gauche dirigé par une certaine Angela. Bien que dénuée de toute conscience politique, Sonja participe alors à quelques activités du groupe, sans véritablement réaliser ce qu’elle fait… Puis, rentrée au Danemark, elle cherche à oublier, se marie et mène une vie bourgeoise. Mais lorsqu’elle apprend par les journaux que Thorwald et Angela ont été extradés de Syrie et qu’un procès aura lieu en Allemagne, elle ne peut plus éviter la question de sa propre responsabilité, voire de sa culpabilité.

Les mains rouges confirme le grand talent de Jens Christian Grøndahl, passé maître dans l’évocation des existences au carrefour de la grande et de la petite histoire.

Written by Thomas

2009-09-20 at 14:49

Olle Schmidt : Chroniques de Gåsviken

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Chroniques de Gåsviken
Olle Schmidt
L’Élan
ISBN 978-2-909027-58-6
1er octobre 2009*
16,50 $ au Canada

* livre paru septembre 2004 en France, mais ne sort que maintenant au Québec (Bravo Édipresse ! Vive la compétence et l’efficacité…)

9782909027586

« Qu’ils soient d’ici ou de n’importe quel parage Moi j’aime bien les gens qui sont de quelque part Et portent dans leur coeur une ville ou un village Où ils pourraient trouver leur chemin dans le noir. »

Pourquoi la chanson Adélaïde de Jacques Debronckart s’est-elle mise à me trotter dans la tête en lisant les Chroniques de Gasviken ? Sans doute parce que le livre nous propose quelques portraits d’individus très fortement ancrés dans un terroir qu’ils connaissent parfaitement. Sans doute, également, parce que d’autres protagonistes, s’ils n’ont pas accompli le voyage en Australie comme ceux de la chanson, se sont retrouvés transplantés dans un paysage et un milieu qui ne leur sont pas familiers. La réussite d’Olle Schmidt réside dans le fait qu’il a su tout à la fois donner vie à des personnages très individualisés et peindre des types éternels. Ainsi ce qui peut tenir du fait divers journalistique, transformé par la magie de l’écriture, rejoint une réalité universelle où l’on s’aperçoit que les préoccupations des gens de ce petit coin de Suède – coincé entre les montagnes de la frontière norvégienne et la route côtière qui remonte vers le nord – sont aussi les nôtres. Un bel hommage à la vie quotidienne de ceux qui n’ont pas souvent droit de cité dans un Jämtland bien éloigné du folklore tapageur et factice qui attire les touristes vers la Laponie.

Written by Thomas

2009-09-15 at 11:41

Stig Dagerman : L’île des condamnés

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L’île des condamnés
Stig Dagerman
Agone
ISBN 978-2-7489-0110-8
19 octobre 2009
42,95 $ au Canada

9782748901108

Il s’ensuivit sur l’île un moment de confuse espérance. Une fois encore, chacun découvrait en tremblant qu’il vivait, le froid mortel de la nuit avait enfin cédé, une douce chaleur pénétrait leurs membres à tous ; soudain quelqu’un crut entendre un oiseau chanter, alors ils se levèrent timidement en silence et se regardèrent désemparés, c’était un peu comme plonger dans une eau inconnue – mais rien encore ne se produisit.

Le feu brûlait sur le rivage, les branches humides qu’ils arrachaient et jetaient par-dessus la falaise donnaient une fumée tranquille qui montait toujours droite et leur picotait les yeux, elles chauffaient très mal, mais maintenant ils n’avaient plus rien ni à cuire ni à rôtir. Ils entretenaient le feu comme un symbole d’espoir qui montait vers le ciel et que rien ne pouvait arrêter.

Written by Thomas

2009-09-15 at 11:25