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Scandinavian Literature in Translation || Littérature scandinave en traduction

Archive for the ‘2007’ Category

Kerstin Ekman : Crimes au bord de l’eau

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12 ans après sa sortie initiale, il est finalement disponible en format poche :

Crimes au bord de l’eau
Kerstin Ekman
Actes Sud/Leméac, « Babel. Noir »
ISBN 978-2-7427-6794-6 (France)
ISBN 978-2-7609-2676-9 (Canada)
14 novembre 2007
19,95 $ au Canada

In English: Blackwater

9782742767946

Lauréat du Grand Prix de littérature du Conseil nordique 1994

A presque vingt ans d’intervalle, deux crimes ont été commis au bord d’un lac magnifique, tout au nord de la Suède, près de la frontière norvégienne. Coïncidence ? Malédiction ? Vengeance tardive ?

De non-dits en soupçons, l’enquête sur le crime initial – deux jeunes touristes sauvagement assassinés dans leur tente par une belle nuit de la Saint-Jean – a piétiné pendant dix-huit ans, énigme irrésolue dont le mystère attirait les touristes…

Adeptes d’un culte paganiste, braconniers, membres d’une communauté, travailleurs forestiers, frères ennemis d’une même famille… les habitants de la région qui devrait être tranquille sont tous de fervents amateurs de nature. Simples témoins ou parfaits suspects, ils sont, à leurs heures, des promeneurs au bord de l’eau…

Construit sur le mode du thriller, Crimes au bord de l’eau est avant tout un roman très charnel qui met en scène des individus et un milieu. Ce milieu, c’est la nature dont Kerstin Ekman, comme dans Les Brigands de la forêt de Skule, célèbre passionnément la magie et la sensualité. Bruissante, froide ou brûlante, la forêt est ici un véritable théâtre où s’érotisent d’inquiétantes rencontres, où s’obscurcissent les identités et les comportements, l’antique labyrinthe où se perd la logique des enquêtes…

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Jan Kjærstad: The Seducer

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Now available in paperback:

Jonas Wergeland Trilogy 1: The Seducer
Jan Kjærstad
Overlook Press
ISBN 978-1-58567-868-6
24 July 2007
$22.50 in Canada

9781585678686

Jonas Wergeland, a successful TV documentary producer with a touch of God’s gift to women, returns one evening from the World’s Fair in Seville to find his wife dead on the living room floor. What follows is a quest to find the killer, encompassing by turns a picaresque and endlessly inventive look at the conditions that have brought Wergeland to this critical juncture in life. From his hair’s breadth escape from a ravenous polar bear while filming in Greenland to a near-death experience aboard a passenger ferry in the icy Baltic, the Tom Jones-like experiences that comprise the narrative of Wergeland’s life, relayed in Kjaerstad’s veneered and acutely observant prose, provide a fascinating portrait of a media icon at the crux of his journey as an artist.

An international bestseller and winner of Scandinavia’s top literary award, the Nordic Prize, The Seducer is a suspenseful and endlessly provocative novel that continually thwarts readers expectations and rewards them with a uniquely enriching reading experience.

Written by Thomas

2009-01-14 at 00:15

Leif Gustav Willy Persson : La nuit du 28 février

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Maintenant disponible en format poche :

La nuit du 28 février
Leif Gustav Willy Persson
Le livre de poche, « Thrillers »
ISBN 978-2-253-11631-8
9 mars 2007
16,95 $ au Canada

9782253116318

Premier volet de la trilogie « La chute de l’état providence »

Un vendredi soir de novembre, un obscur journaliste américain tombe par la fenêtre du quinzième étage du foyer d’étudiants de Stockholm dans lequel il avait loué une chambre.

Il s’agit à l’évidence d’un suicide, d’autant que le défunt a eu le bon goût de laisser derrière lui un mot d’adieu. Celui-ci est un peu étrange, remarquablement bien écrit étant donné les circonstances, presque poétique: «J’ai passé ma vie entre la nostalgie de l’été et le froid de l’hiver.»

Le dossier aurait dû en toute logique se clore sur ce constat si le commissaire Lars Martin Johansson, de la Brigade criminelle, qualifié par certains de «seul flic suédois honnête», ne s’était pas retrouvé mêlé à l’enquête d’une façon aussi inexplicable qu’inattendue.

Et ce qui débute sous les apparences d’une affaire banale se révèle bientôt être un crime hors du commun…


My review on LibraryThing:

Complex political thriller exposing widespread incompetence and corruption in the Swedish police following the death of an obscure American journalist in Stockholm, in the months leading up to the 1986 assassination of Prime Minister Olof Palme, two events seemingly related to others dating back to the very beginning of the Cold War.

Although the story is largely told from the point of view of Lars Martin Johansson of the Rikskriminalpolisen (‘the only honest cop in all of Sweden’), Persson frequently adopts the point of view of many of the other characters as well, moving back and forth in the chronology of events as he does so in a manner that is a bit confusing at first, as you try to keep straight in your head the role and position of each of the police officers involved (with their exotic Swedish names and nicknames and all), but it works, and one’s patience and perseverance are richly rewarded.

The 2007 Livre de poche reissue that I read comes in at 730 pages, and it has to be said that some of the side stories that don’t bring anything to the main intrigue, but merely serve to illustrate the reigning climate of incompetence and corruption in the police, could perhaps have been cut. At the same time, part of what makes this novel so enjoyable is the complexity of Persson’s (imaginary?) world, and the detailed manner in which it is portrayed.

This is also a very Swedish novel, with many cultural and historical references that Philippe Bouquet has helpfully clarified with countless footnotes (I’ve never seen so many footnotes in a crime novel!). Fascinating stuff for anyone with an interest in Swedish society and culture that goes beyond its output of excellent crime fiction.

Highly Recommended.

Knud Romer : Cochon d’Allemand

with one comment

Cochon d’Allemand
Knud Romer
Les allusifs
ISBN 978-2-922868-62-3
21 août 2007
21,95 $ au Canada

Voir aussi : édition poche

9782922868623

Avec la distance et l’humour des enfants qui sont plus raisonnables que ceux qui les maltraitent, Knud Romer compose l’émouvante histoire de sa famille, rejetée par les Danois de Nykøbing, à cause des origines allemandes de sa mère. Un enchaînement presque cinématographique de brèves séquences fait défiler les personnages en Allemagne et au Danemark des années trente jusqu’aux années soixante-dix. Le grand-père paternel, un entrepreneur fou et visionnaire dont tous les projets échouent immanquablement, le père assureur qui ne vit que pour éviter le pire, la grand-mère, beauté défigurée par une explosion, qui a la larme facile et qui fait un goulasch incomparable… Mais surtout la mère, une ancienne résistante, trop fière pour répondre à la bêtise de ses voisins qui la prennent pour une nazie, et qui dissout son chagrin dans l’alcool. Et cet enfant, témoin du mépris permanent dont est frappée sa mère, trop petit pour l’aider, malgré tout son amour.

Lauréat de nombreux prix en 2006, Cochon d’Allemand dépeint dans un style dense et enlevé une époque teintée de rancœur et de culpabilité.

Written by Thomas

2008-12-29 at 19:11

Kerstin Thorvall : Les années d’ombre

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Trilogie de Signe 2 : Les années d’ombre
Kerstin Thorvall
Serpent à plumes, « Domaine étranger »
ISBN 978-2-268-06324-9
6 novembre 2007
36,50 $ au Canada

9782268063249

Jeudi 19 novembre 1936. Sigfrid vient de succomber à une crise cardiaque. Pour la petite Signe, le choc du deuil recèle un autre désespoir : elle sera désormais privée de tout ce qui dans sa vie était tendre et spontané –à commencer par le petit chiot que son père lui avait promis pour Noël. Quant à Hilma, veuve à trente-cinq ans, elle se retrouve seule pour élever sa fillette de onze ans, mais c’est aussi la fin du calvaire conjugal. Elle déménage et reprend son métier d’institutrice, conquiert peu à peu son indépendance – « sans homme, sans plus jamais d’homme ». Signe, elle, va vivre la puberté dans un carcan. Aux yeux d’Hilma, avec l’éveil sexuel de sa fille se profile la menace de l’atavisme paternel. En écho à l’inquiétude de sa mère, Signe, enfant trop solitaire, vit la métamorphose de son propre corps comme une angoisse de plus. Et en contrepoint de ces années d’ombre intérieure pèse l’ombre que la Seconde Guerre mondiale étend jusque sur la Suède, malgré sa neutralité. Mais il y a en Signe une force, un indomptable appétit de vivre. Depuis son plus jeune âge, elle se réfugie dans la lecture et dans le dessin. Son passe-temps favori : confectionner une garde-robe à des poupées de papier qu’elle met en scène dans de romanesques histoires d’amour. Au grand dam de sa mère, sa vocation est inébranlable : elle sera dessinatrice de mode.

Le 7 mai 1945 résonne le cri de joie et de libération : « C’est la paix ! C’est la paix ! » Quelque mois plus tard, Signe âgée de vingt ans s’apprête à entrer dans la célèbre école de dessin Anders Beckman à Stockholm, où elle rencontre le beau Lars-Ivar, artiste comme elle, athée et socialiste « comme papa ». Hilma reçoit la nouvelle comme un coup fatal. Elle a perdu la bataille : par-delà la mort, en sa fille, c’est le père qui a triomphé. Mais pour Signe, la vie commence.

Written by Thomas

2008-12-28 at 20:00

Kerstin Thorvall : Le sacrifice d’Hilma

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Trilogie de Signe 1 : Le sacrifice d’Hilma
Kerstin Thorvall
Serpent à plumes, « Domaine étranger »
ISBN 978-2-268-06156-6
20 mars 2007
36,50 $ au Canada

9782268061566

Tärnaby, Lappland, 1931. Hilma est une jeune institutrice issue d’une famille d’ouvriers du nord de la Suède. Sigfrid Tornvall, un jeune maître auxiliaire fringant, originaire du sud, lui fait une cour étourdissante au cours d’une gentille réception au presbytère. La naïve et pure Hilma ne résiste pas aux attentions de ce beau galant, plus âgé qu’elle, issu d’un autre monde que le sien. Sans maîtriser ce qui lui arrive, elle accepte sa demande en mariage. Hilma rencontre alors les Tornvall : famille de pasteurs aisée d’une bonté condescendante. L’exubérance et les propos gauchistes de Sigfrid scandalisent, en revanche, la famille de Hilma. Ces simples bûcherons se demandent pourquoi ce bourgeois s’est mis en tête d’épouser leur fille. Et ces bouquets, ces lettres, ces baisers déplacés : quel scandale dans cette famille puritaine ! Mais la décision des jeunes fiancés est prise. Tout va alors très vite, trop vite : tout est organisé par la famille Tornvall qui couve la jeune Hilma, décide pour elle, monte son ménage, la pare pour ce mariage vers lequel elle se dirige tel l’agneau du sacrifice. Une cérémonie et un repas bâclés font place à une horrible nuit de noces. Viol, sang, cris révèlent un Sigfrid déséquilibré, véritable maniaque sexuel que l’on interne d’urgence en hôpital psychiatrique.

Trahie, prise au piège, Hilma décide néanmoins de demeurer auprès de Sigfrid et souffre en silence. À la nouvelle de sa grossesse, sa belle-famille veut la contraindre à avorter, mais Hilma s’enfuit et fait une fausse-couche. À son retour, Sigfrid se montre très attentionné, mais Hilma ne cesse d’être persécutée par les Tornvall, qui lui imposent une stérilisation après la naissance de leur enfant. Redoutant sans cesse de nouvelles crises de son mari, Hilma souffre de son appétit sexuel et de son attitude incestueuse envers leur fille. Seule la mort de Sigfrid pourra mettre un terme à ce cauchemar.

Roman social opposant le sort des petites gens à l’establishment suédois des années 30, Le sacrifice d’Hilma est avant tout une étude psychologique acerbe et tendrement ironique. Une sensibilité hors du commun.

Written by Thomas

2008-12-28 at 19:50

Gunnar Staalesen : 1950. Le zénith

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Le roman de Bergen 2 : 1950. Le zénith
Gunnar Staalesen
Gaïa Éditions
ISBN 978-2-84720-092-8 (tome 1)
ISBN 978-2-84720-093-5 (tome 2)
29 août 2007
36,95 $ x 2 au Canada

97828472009289782847200935

Pendant les années 1930, les Berguénois s’ouvrent aux nouvelles idéologies politiques. Le dramaturge Hjalmar Brandt séjourne une année dans l’Union soviétique de Staline. Wilhelm Helgesen, entraîné par son épouse Sigrid, assiste aux Jeux olympiques de Berlin en 1936. Les deux époux sont fascinés par l’avènement du nazisme en Allemagne. Le retour à Bergen verra la confrontation des idéaux, communistes et nazis.

À l’orée des années 1940, l’Europe s’assombrit sous le chaos de la Seconde Guerre mondiale. Déclarée neutre, la Norvège est pourtant occupée dès le 9 avril 1940. À Bergen comme ailleurs, c’est le temps du ralliement des uns à l’occupant, mais aussi l’entrée dans la résistance civile pour certains, ou l’exil pour d’autres.

Gunnar Staalesen dépeint un pan méconnu de l’histoire norvégienne, à l’heure de l’occupation par les forces allemandes, des exécutions et des déportations. L’auteur éclaire en particulier la réalité de la condition des Juifs norvégiens au travers du destin de la famille Liebermann. La première partie de 1950 Le Zénith, véritable axe central de la saga Le roman de Bergen, entraîne ses personnages dans le tournant tragique de l’Histoire du XXe siècle, qui fera que désormais rien ne sera plus jamais comme avant.


Le 17 mai 1945, à Bergen, une foule en liesse célèbre la libération, et le retour au pays des survivants et des exilés. Pour la population, le temps est maintenant venu de juger les collaborateurs de l’occupant nazi. Du côté du parti communiste norvégien, l’heure est aussi aux critiques et aux remaniements profonds.

De nouveaux quartiers émergent de toutes parts. Des théâtres et des cinémas flambant neuf accueillent les dernières productions venues des États-Unis : les westerns et le rock’n’roll sauvage qui exalte la jeunesse berguénoise.

Dans le tome 2 de 1950 Le Zénith, les petits-enfants de la génération de 1900 prennent à bras le corps leur destinée. Il leur faut tourner les sombres pages de la guerre pour tracer leur propre chemin dans le tourbillon des années 50 et 60.

Quant à leurs parents à l’apogée de leur vie, que regrettent-ils de leur jeunesse passée et de leurs récents engagements ? Certains auront brûlé les ailes de leurs propres désirs, et vivront d’insondables exils intérieurs.

Dans ce 4e volume du Roman de Bergen, Gunnar Staalesen continue patiemment de tisser une kyrielle de fils entre ses personnages. Et de ces multiples histoires singulières, l’auteur compose un tableau foisonnant de l’Histoire norvégienne des années 50 et 60.

Written by Thomas

2008-12-28 at 16:52