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Scandinavian Literature in Translation || Littérature scandinave en traduction

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August Strindberg : Correspondance, tome 1 (1858-1885)

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Correspondance, tome 1 (1858-1885)
August Strindberg
Zulma
ISBN 978-2-84304-491-5
9 novembre 2009
43,95 $ au Canada

La correspondance d’August Strindberg est, à elle seule, un roman-fleuve, une saga de la réalité convulsive de son époque, le témoignage des contradictions d’un nouveau Jean-Jacques qui voulut mettre à bas la bourgeoisie et le capitalisme. On y découvre un homme d’une santé créatrice en perpétuelle effervescence qui se plaint de tous les maux imaginables, un moraliste intransigeant qui emploie les pires ruses de Don Juan pour s’attacher l’une ou l’autre des femmes de sa vie, un poète sincèrement désintéressé qui harcèle la profession du livre pour obtenir des subsides, un authentique expert de la sensibilité féminine versant dans la plus outrée des misogynies, un misanthrope occupé à sauver l’humanité. En près de dix mille lettres et plus d’un demi-siècle, la correspondance de Strindberg, immense archipel de la littérature scandinave, révèle une formidable entreprise d’investigation intellectuelle et sensible.

La traduction en France de la correspondance d’August Strindberg, cet immense archipel de la littérature scandinave qui se découvre à nous, c’est la découverte (encore partielle) d’une formidable entreprise d’investigation intellectuelle et sensible – en près de dix mille lettres et plus d’un demi-siècle (de 1858 à 1912).

Dramaturge, romancier, nouvelliste, essayiste, peintre à l’occasion, et ardent polémiste – August Strindberg – né et mort à Stockholm – est assurément le génie phare de la Suède en pleine révolution industrielle et sociale. Diversement proche des Tolstoï, Ibsen, Zola, ou Nietzsche, l’auteur de Mademoiselle Julie semble rassembler, en une seule et folle entreprise de démolition des préjugés et des vanités, l’énergie créatrice de ses grands contemporains pour accomplir une œuvre nourrie de critique sociale radicale, d’investigation des abîmes de l’inconscient et de mise en activité volcanique d’un imaginaire réaliste toujours aux limites de l’expressionnisme visionnaire et torturé qui magnétise l’époque.

Dans ses pièces comme dans ses nouvelles, Strindberg est d’abord un magnifique investigateur des ressorts humains, à la fois naïf et retors, d’une modernité à toute épreuve, et un conteur habile à perdre ses personnages dans les lacis d’une fatalité faite d’aliénation et d’injustice. Freud et Berthold Brecht auront probablement trouvé en lui une source d’inspiration inépuisable.

Sa correspondance à elle seule est un roman fleuve, une saga de la réalité convulsive de son époque, le témoignage des contradictions existentielles d’un nouveau Jean-Jacques qui voulut mettre à bas la bourgeoisie et le capitalisme. On y découvre un homme d’une santé créatrice en perpétuelle effervescence qui se plaint de tous les maux imaginables, un moraliste intransigeant qui emploie les pires tartufferies de Don Juan pour s’attacher l’une ou l’autre des femmes de sa vie, un poète sincèrement désintéressé qui harcèle chiffres en main la profession du livre pour obtenir des subsides, un misanthrope occupé à sauver l’humanité souffrante, un authentique expert de la sensibilité féminine qui oscille entre la plus outrée des misogynies et un féminisme d’identification évoquant D.H. Lawrence.

En lisant cette correspondance touffue, lyrique, emportée, qui pousse au bout de ses implications chaque sujet de polémique ou de compassion, au gré de ses interlocuteurs – amis, parents, amantes, éditeurs, écrivains ou critiques – nous découvrons la dualité vertigineuse de ce Janus, qui se montre si incroyablement humain et avant-gardiste dans ses œuvres de fiction et parfois si excessivement doctrinaire dans ses essais. La correspondance tient des unes et des autres, de l’amour exclusif et de la fureur destructrice, du nihilisme schopenhauerien et du grand humanisme social rousseauiste.

Dans ce premier volume, couvrant trois décennies, on peut voir se dessiner l’évolution d’un tempérament naturaliste, volontiers incrédule, vers les formes hypersensibles de l’expressionnisme dont il sera l’une des grandes figures, avec la Sonate des spectres, la Danse de mort, ou Inferno écrit en langue française. August Strindberg aura fait de sa névrose, de son « nervosisme » de puritain intempérant, un instrument de pénétration psychologique unique dans la littérature de l’entre-deux siècles. Les mœurs figées de cette époque au bord de l’hystérie dévastatrice, sous les bannières de la famille et du mariage, de la sexualité et de l’argent, auront trouvé en lui un analyste abrasif et impétueux.

La correspondance d’August Strindberg, un siècle plus tard, nous restitue un monde à notre image, fait d’exacerbation passionnelle face à l’arbitraire et d’aspirations ludiques à une autre vie, enfin libre et sereine.

Written by Thomas

2009-09-14 at 18:54

August Strindberg : Le bouc émissaire

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Le bouc émissaire
August Strindberg
Viviane Hamy, « Bis »
ISBN 978-2-87858-293-2
2 juin 2009
18,95 $ au Canada

9782878582932

Libotz, le bouc émissaire, ne parvient pas à sauver son ami Askanius du désastre déclenché par le procureur Tjärne, pas plus qu’il ne parvient à se faire accepter dans la petite ville de province. Il part, il « supporte les coups du destin, l’un après l’autre, sans laisser s’éteindre son espoir tout ensanglanté ».

Sven Stolpe, le biographe de Strindberg, a écrit que Le Bouc émissaire était « l’un des plus grands récits jamais écrits en langue suédoise, qu’il n’avait pas été surpassé par la suite, ni même égalé».

Written by Thomas

2009-05-02 at 16:20

August Strindberg : Le sacristain romantique de Rånö

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Le sacristain romantique de Rånö
August Strindberg
Viviane Hamy, « Bis »
ISBN 978-2-87858-296-3
2 juin 2009
14,95 $ au Canada

9782878582963

« Après la mort de la mère – elle aurait été assassinée –, personne ne fit plus la cuisine ; les frères partirent, et Alrik resta seul avec son père qui n’ouvrait plus la bouche. C’est à cette époque qu’il avait appris à jouer sans jouets, sans camarades, et sans connaître les jeux. La mer, l’air gris et l’eau grise, l’air bleu et l’eau bleue, les harles et les macreuses durent satisfaire son besoin de découvrir et de combiner ; quand cela devint insuffisant, son œil puisa dans ses propres ressources pour combler ce manque ; son oreille avide, qui ne connaissait que le rugissement ou le murmure du vent, le clapotis ou le grondement des vagues, se nourrit de sa propre substance, et, exacerbée par cette autarcie, finit par distinguer des sons là où il n’y en avait pas, entendre la circulation du sang, la tension des nerfs, le déchirement des tissus, puis les sons enfin, qui, au fil des mois, se rassemblaient, s’ordonnaient, s’unissaient pour en engendrer d’autres. »

Alrik Lundstedt est ce jeune homme pauvre monté à Stockholm pour apprendre la musique. Prodigieusement doué, il passe les épreuves, tout augure d’un bel avenir… Mais la « folle du logis» l’entraîne sans cesse hors du chemin… Rêve et réalité se mêlent inextricablement…

Written by Thomas

2009-05-02 at 16:08

August Strindberg : Au bord de la vaste mer

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Nouvelle édition :

Au bord de la vaste mer
August Strindberg
Flammarion, « GF »
ISBN 978-2-08-122338-7
23 février 2009
12,95 $ au Canada

9782081223387

Le jeune inspecteur des Pêcheries, Axel Borg, vient exercer ses fonctions dans une des îles de l’archipel de Stockholm. Lui qui se sait et se veut un esprit supérieur, méprisant le vulgaire et l’ignorance, est incompris, combattu même par ceux qui l’emploient. Un jour, il rencontre la Femme : après l’avoir séduite par l’invincible magnétisme de sa personnalité, il se laisse peu à peu prendre à ses rets… Enchaîné, dissous, annihilé, cédera-t-il aux coups impitoyables que lui portent sa compagne et une société imbécile ?

Au bord de la vaste mer, roman de Strindberg paru en Suède en 1890, est l’inlassable et transparente confession d’un poète dont le coeur saigne de ne pouvoir donner sa mesure, d’un peintre dont l’oeil s’épuise à mesurer les séductions infinies de la mer.

Written by Thomas

2009-03-15 at 16:11

August Strindberg: Miss Julie

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New Edition:

Miss Julie and Other Plays
August Strindberg
Oxford University Press
ISBN 978-0-19-953804-1
13 December 2008
$10.95 in Canada

9780199538041

Strindberg was one of the most extreme, and ultimately the most influential theatrical innovators of the late nineteenth century. The five plays translated here are those on which Strindberg’s international reputation as a dramatist principally rests and this edition embraces his crucial transition from Naturalism to Modernism, from his two finest achievements as a psychological realist, The Father and Miss Julie, to the three plays in which he redefined the possibilities of European drama following his return to the theatre in 1898. Michael Robinson’s highly performable translations are based on the authoritative texts of the new edition of Strindberg’s collected works in Sweden and include the Preface to Miss Julie, Strindberg’s manifesto of theatrical naturalism.

Written by Thomas

2008-12-27 at 23:05