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Scandinavian Literature in Translation || Littérature scandinave en traduction

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Stig Dagerman : L’île des condamnés

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L’île des condamnés
Stig Dagerman
Agone
ISBN 978-2-7489-0110-8
19 octobre 2009
42,95 $ au Canada

9782748901108

Il s’ensuivit sur l’île un moment de confuse espérance. Une fois encore, chacun découvrait en tremblant qu’il vivait, le froid mortel de la nuit avait enfin cédé, une douce chaleur pénétrait leurs membres à tous ; soudain quelqu’un crut entendre un oiseau chanter, alors ils se levèrent timidement en silence et se regardèrent désemparés, c’était un peu comme plonger dans une eau inconnue – mais rien encore ne se produisit.

Le feu brûlait sur le rivage, les branches humides qu’ils arrachaient et jetaient par-dessus la falaise donnaient une fumée tranquille qui montait toujours droite et leur picotait les yeux, elles chauffaient très mal, mais maintenant ils n’avaient plus rien ni à cuire ni à rôtir. Ils entretenaient le feu comme un symbole d’espoir qui montait vers le ciel et que rien ne pouvait arrêter.

Written by Thomas

2009-09-15 at 11:25

Stig Dagerman : La dictature du chagrin, et autres écrits amers

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La dictature du chagrin, et autres écrits amers
Stig Dagerman
Agone
ISBN 978-2-7489-0109-2
19 octobre 2009
32,95 $ au Canada

9782748901092

La contrebasse ou bien la flûte, chacun dispose d’un instrument avec lequel il pense pouvoir faire l’expérience de la liberté.

Il était une fois un homme qui possédait une contrebasse. Le soir, il s’enfermait dans l’unique pièce de son appartement et jouait pour lui-même, loin de sa jeune épouse. Il finit par savoir jouer assez bien pour devenir membre d’un orchestre de danse. Peu à peu, il devint tout à fait évident qu’il possédait l’étoffe d’un bassiste éminent. Bientôt il s’enferma à clé le matin et le soir.

Mais il arriva un jour que le couple eut un enfant, un garçon. Au début, tout fut à peu près comme d’habitude : le père jouait, le fils pleurait et la mère ne disait rien. Mais le père finit par remarquer que l’enfant n’aimait pas cet instrument. Peu à peu le père se mit lui aussi à prendre en grippe les contrebasses. Il se mit à jouer de plus en plus mal, et ses camarades lui dirent ce qu’il en était.

– Le petit d’abord, répondit-il.

Written by Thomas

2009-09-15 at 11:20